La Voie Lactée au-dessus de la chaine du Mont Blanc, pendant le stage photo Un balcon sur le Mont Blanc

Un balcon sur le Mont blanc - retour de stage photo

L’été prend doucement fin, il est temps de revenir sur les deux stages photo de montagnes Un balcon sur le Mont Blanc organisés cette année. Après un printemps mouvementé, entre confinement et déconfinement, qu’il fut bon de retrouver les montagnes et nos stagiaires! Evidemment, il a fallu s’adapter à la nouvelle situation et son lot de contraintes sanitaires, mais heureusement rien d’insurmontable.

 

Premiers rayons du soleil sur les Grandes Jorasses, stage photo Un balcon sur le Mont Blanc

 

Un stage photo de montagnes, deux dates, des ambiances très différentes!

Malgré, ou plutôt grace à ce satané virus, les demandes pour ce stage que j’organise depuis 2011 ont dépassé mes espérances, si bien que j’ai du programmer plusieurs sessions pour ce stage photo de montagnes. Début août, direction Chamonix, sous un grand ciel bleu. Les vallées étouffent sous des températures dépassant les 40°C, mais en prenant de l’altitude, nous sommes bien mieux. Arrivés au lacs Blanc et de Chesery, c’est la grande affluence. Même sans les groupes de randonneurs asiatiques, d’habitude si friands de ces lieux iconiques, l’impression de foule est assez saisissante. Puis on se dit qu’après tout, l’endroit est si beau, il est normal que l’on soit nombreux à vouloir en profiter. L’après-midi voit défiler les heures et la foule regagne Chamonix. La montagne se vide petit à petit, à mesure que la lumière s’embellie, avec la descente du soleil. Voilà qui nous a laissé largement le temps de faire un point théorique sur la pratique photographique. Le temps aussi de parcourir les environs du lac de Chesery à la recherche du bon cadrage, de l’angle sympa ou du premier plan intéressant, en prévision de la soirée.

Avant d’attaquer les prises de vue, nous montons sommairement notre bivouac: la météo est tellement belle que nous optons pour la nuit à la belle étoile. Bien que le ciel soit désespérément vide (nous autres photographes sommes quand même bien difficiles..) la soirée est magnifique et le coucher de soleil sur le massif du Mont Blanc tient ses promesses. La lune ne se levant qu’en milieu de nuit, nous nous livrons à un peu d’astrophotographie une fois que le ciel est bien noir, vers 22:30 / 23:00. La Voie Lactée est bien visible, émergeant à l’aplomb du Mont Blanc. Le lendemain, la météo ne change pas et nous redescendons sur Chamonix puis Les Houches pour rejoindre le refuge qui nous offrira gîte et couvert pour la suite du week-end. Nous sommes littéralement face au Mont Blanc et les petites gouilles de Carlaveyron sont autant de miroirs. De quoi apporter un peu de lumière dans le premier plan quand seules les cimes captent encore la lumière.

La Voie Lactée au-dessus de la chaine du Mont Blanc, pendant le stage photo Un balcon sur le Mont Blanc

Aiguille Verte à l'aube, pendant un stage photo de montagne, face au Mont Blanc

 

   Deux semaines plus tard, ce n’est plus exactement le même temps qui est prévu pour ce nouveau stage photo de montagnes. Inévitablement, après les fortes chaleurs, la météo tourne à la pluie. J’hésite, puis à la faveur d’un bulletin météo particulièrement stable dans ses prévisions, je maintiens. Rebelote, nous montons bivouaquer au lac de Chesery, en sachant que la pluie nous cueillera dans la matinée du lendemain, plus ou moins tôt. Ce vendredi, le ciel est encore bien bleu. En fin d’après midi, de beaux nuages lenticulaires circulent au-dessus du Mont Blanc, mais se dissipent avant que la lumière devienne vraiment intéressante. Ces nuages annoncent pourtant un changement de temps imminent. La pluie nous laissera-t-elle profiter de notre bivouac? On verra…  Afin d’éviter de tous plonger nos fourchettes dans la même fondue savoyarde, j’ai dégotté des fondues au fromage lyophilisées! L’expérience est concluante: ce n’est pas vraiment de la fondue, mais ça y ressemble un peu et ce n’est pas mauvais.

Bon, c’est pas tout ça, mais nous avons des photos à faire et des conseils, là aussi divulgués dans l’après-midi, à appliquer. Chaque stagiaire gagne le spot qu’il a repéré auparavant pour photographier le Mont Blanc et tous les sommets qui l’entourent. Je navigue de l’un à l’autre pour voir si tout va bien, apporter un petit coup de pouce, donner une idée. Je fais quand même quelques photo, quand la lumière sur les montagnes devient particulièrement contrastée en traversant des trous entre des nuages. Puis la nuit arrive et mes stagiaires ayant déjà vu les photo d’il y a 15 jours sur Facebook, veulent tous essayer de photographier la Voie Lactée. L’air est plus humide et diffuse nettement plus la pollution lumineuse de Chamonix. Mais chacun apprend à faire sa mise au point sur l’infini, débrayer l’AF et photographier en pause longue et iso élevé (comme pour les aurores boréales..).

photographes stagiaires durant le stage photo Un balcon sur le Mont Blanc
Avant l’aube, j’ouvre un oeil, le ciel est complètement bâché et ce petit vent ne me dit rien de bon qui vaille. Alors qu’émerveillé par la voute céleste, tout le monde a souhaité la veille au soir s’endormir le nez dans les étoiles, ce matin, je me hâte de monter le tarp pour nous abriter de la pluie si elle démarre pour le petit déjeuner. Me voyant m’agiter, mes compagnons se réveillent et commencent à ranger leurs affaires tandis que je fais chauffer de l’eau. La pluie nous offrira un répit le temps du petit déjeuner, avant de nous mouiller dans notre descente pour rallier le télécabine de la Flégère. Une fois changés, nous remontons en milieu de journée, via le Brévent, pour rejoindre le refuge de Bellachat. Il ne pleut plus mais les nuages restent bien accrochés aux sommets. Finalement dans la soirée, à l’heure bleue, nous pouvons faire quelques photos dans une ambiance ouatée, avant une bonne nuit au chaud. Au petit matin, les nuages sont toujours là, mais une fois de plus, ils vont et viennent. Il faut être prêt pour capter de furtifs moments, quand une aiguille déchire les brumes. Moins de photos, mais les montagnes gardent leur mystère et nous devons jouer avec pour composer nos images ce qui ajoute de l’intérêt  à notre démarche.

le Mont Maudit à l'heure bleue, en stage photo de montagne

Aiguille du Plan déchirant la brume, à l'aube, lors du stage photo Un balcon sur le Mont Blanc

 

Anticiper et prévisualiser, les clés de la réussite?

Encore plus en été que pendant les autres saisons, les heures vraiment propices à la photo de paysage durant ce stage photo de montagnes sont courtes. De 19:30 à 21:30 tout au plus et encore, le moment pendant lequel la lumière est vraiment magique dure quelques dizaines de minutes! Si on veut pouvoir en tirer le maximum et varier ses photos, il est important de bien se préparer. Arriver sur les lieux bien en avance permet de bien repérer ce qui nous intéresse: telle montagne, tel premier-plan, ce cadrage au téléobjectif puis celui-ci au grand angle. Imaginer mentalement, prévisualiser l’image que l’on recherche est un des apprentissages vers lequel je pousse mes stagiaires. Si cette phase est réussie, alors même dans le laps de temps finalement assez court durant lequel la lumière est belle, il est possible d’enchainer un nombre suffisant de photos différentes.

Car quoi de plus frustrant que de se rendre, au prix d’un certain effort (même avec l’aide des remontées mécaniques..) en altitude pour n’arriver à prendre que deux ou trois photos finalement assez semblables. L’idée n’est pas d’en faire des milliers, mais une fois l’éditing réalisé, d’avoir une dizaine de photos variées.

Si certaines photos sont parfois le fruit du hasard ou de la chance, la plupart du temps, elles résultent d’une préparation longue et minutieuse, du choix d’un lieu, de l’analyse de la météo, du repérage des différents angles et éléments de composition. Avec en plus un minimum de maîtrise technique, on finit quand même par réaliser quelques images qui correspondent à notre envie, à notre recherche. Plus que de guider les stagiaires sur LE spot parfait, c’est donc l’ensemble dec cette démarche que j’essaye de transmettre. Et pour 2021, je vous prépare une version longue de ce stage, à la rencontre de sommets mythiques des Alpes, restez branchés avec Un Œil sur la Nature!

Sylvain

 

Fin de journée sur le Mont Blanc, pendant le stage photo Un balcon sur le Mont Blanc

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