Réussir ses photos d'aurores boréales

    Avec l’avènement de la photographie numérique, il est devenu relativement simple de photographier les aurores boréales. Dans le même temps, les voyages en Islande, Norvège ou Finlande se sont multipliés, offrant de nombreuses possibilités aux passionnés de photographie de revenir avec les images tant convoitées ! Mais avant d’aborder la technique photo, il n’est pas inutile de comprendre l’origine de ces aurores boréales.

photo d'aurores boréales violettes et vertes sur un lac gelé en suède, près de al frontière avec la Norvège.

Aurores boréales multicolores, à la frontière entre la Suède et la Finlande

Qu’est-ce qu’une aurore boréale ?

surface solaire & “coronal hole” (SDO – NASA)

Pour répondre à cette question, il faut se pencher sur la vie agitée de notre bon vieux Soleil. Notre étoile émet de la lumière (photons) et diffuse dans l’espace un grand nombre de particules plus ou moins énergétiques. Ces émissions ne sont pas stables et varient considérablement en fonction de l’activité solaire. La surface de notre astre est très mouvementée. Les taches solaires sont à l’origine d’éruptions solaires (une grande quantité de matière, donc de particules est alors éjectée). Les « coronal holes »,  sont des sortes de trous dans la surface du Soleil, par lesquels s’échappe un flux plus ou moins important de particules.

magnétosphère (theta.obs-besancon.fr)

Ce flux, traduit par l’expression de « vent solaire » souffle parfois dans la direction de la Terre. Heureusement pour nous, notre champ magnétique dévie la plupart de ces rayonnements et particules. Mais comme sur un aimant géant, ce champ magnétique ne forme pas une bulle continue et rejoint notre planète à ses pôles. La très haute atmosphère (entre 80 et 200 km) peut donc se retrouver exposée au vent solaire là où la magnétosphère (le champ magnétique) s’incurve vers les pôles. Cette zone se trouve à des latitudes comprises entre 66° et 70°nord pour notre hémisphère.

Lorsque le vent solaire souffle, des particules entrent en contact avec les molécules des gaz présents dans la haute atmosphère. Pour le dire simplement, quand une particule percute une molécule, elle lui transfert une partie de son énergie. Quand la molécule revient à un état plus normal, elle émet des photons (de la lumière). C’est cette lumière que nous photographions quand nous observons ce phénomène naturel qu’est l’aurore boréale. Plus le flux de particules est intense (vitesse, densité) plus grand sera le nombre de molécules de gaz qui seront excitées et plus intense seront donc les aurores boréales.

La météo solaire

Le Soleil est surveillé par plusieurs satellites qui nous renseignent entre autres sur les évolutions qui agitent notre étoile. Une météo solaire peut ainsi être recueillie sur des sites spécialisés, comme www.spaceweather.com.  Sur ces sites, vous pourrez étudier l’évolution du vent solaire, en vitesse et densité et obtenir des informations sur les événements solaires susceptibles de déclencher une perturbation géomagnétique, donc des aurores boréales. Un indice de probabilité, l’indice Kp, permet d’avoir une idée des chances d’observer des aurores pour une latitude donnée. Il est possible d’observer de très belles aurores avec un Kp faible (1 à 2) en étant par exemple dans la région de Tromsø, à 69°N. Avec un Kp de 9, valeur maximale, les aurores deviennent visible depuis la France ! Evidemment, il faut aussi que la météo terrestre locale soit au beau temps avec un ciel dégagé. Les nuages font écran aux plus belles aurores.

La genèse du phénomène auroral reste complexe et d’autres facteurs entrent en jeu. Nous aurons le plaisir de vous expliquer tout cela avec plus de détails lors de nos voyages photo dédiés, entre autres, à la photographie d’aurores boréales.

Les aurores sont-elles toujours vertes ?

La grande majorité des aurores boréales sont vertes, car c’est la longueur d’onde de la lumière émise par le dioxygène, gaz majoritaire dans la haute atmosphère. On peut également observer du pourpre, du bleu violacé, voire un rose très lumineux. Ces différentes couleurs proviennent d’autres gaz, comme l’azote, et sont fonction également de la température de ces gaz et de l’altitude à laquelle ils se trouvent.

A l’œil nu, l’intensité des aurores est rarement suffisante pour que nous percevions vraiment bien toutes ces couleurs. Le capteur de nos appareils photo, avec ses sensibilités maintenant très élevées, permet d’enregistrer sans contraintes toute la beauté des aurores boréales.

L’observation visuelle reste un grand moment, tant par les mouvements parfois très rapides de l’aurore, que par l’intensité du phénomène. Quand d’immenses rideaux de lumières dansent parmi les étoiles, nous sommes, même après des dizaines d’observations, toujours ébahis !

aurores boréales dans les Alpes de Lyngen, près de Tromsø, en Norvège

Aurores boréales au-dessus des Alpes de Lyngen, Norvège

 

Parlons un peu technique photo…

Photographes en pleine session aurores aux Lofoten, Norvège

Comme écrit précédemment, les aurores boréales sont un phénomène lumineux de relativement faible intensité. Il s’agit donc de photographier un sujet en très basse lumière. Ceci implique de travailler en vitesse lente, à pleine ouverture et en valeur ISO élevée.

Ajoutons à cela quelques difficultés supplémentaires, sinon, ça ne serait pas drôle ! Dans l’obscurité, l’autofocus est inopérant et il faut pourtant assurer une mise au point précise sur l’infini. Les aurores boréales étant plutôt gigantesques, il est préférable d’utiliser un grand-angle le plus large possible afin de cadrer à la fois suffisamment de ciel et encore assez de « premier-plan terrestre ». Comme nous sommes dans l’obscurité, il n’est pas évident de bien voir ce que l’on cadre. Les aurores boréales sont visibles de septembre à début avril, et sous les latitudes septentrionales, il fait généralement frais, pour ne pas dire froid. Il convient d’être chaudement vêtu et chaussé pour profiter confortablement du spectacle sans claquer des dents !

Reprenons point par point, avec un boîtier reflex. En mode manuel M :

  1. je règle ma vitesse à 10s et mon ouverture (diaphragme) au maximum (f4 à f2.8, encore plus ouvert si possible)
  2. je règle la valeur ISO à 1600
  3. je cale ma mise au point précisément sur l’infini, autofocus désactivé, mon objectif réglé sur sa focale la plus courte si c’est un zoom (14, 16 ou 20mm par ex)
  4. je fixe mon boitier sur un trépied stable
  5. je choisis et peaufine mon cadrage, si possible avec l’aide de la fonction niveau du boîtier afin d’éviter les horizons qui penchent de trop.

Quelques astuces

  • Effectuer une mise au point précise sur l’infini en manuel n’est pas facile. Il est plus simple de laisser l’autofocus assure la mise au point sur une source lumineuse lointaine (lune, lampe au loin). Il suffit ensuite de désactiver l’AF et de ne plus toucher la bague de mise au point.
  • En fonction des aurores, qui peuvent être plus ou moins mobiles, plus ou moins fortes, je modifie la vitesse et / ou les ISO afin de capter l’aurore du mieux possible, tout en conservant la plus grande qualité d’image. Pour vous donner une idée, ma vitesse d’obturation peut varier de 4s à 25s et les ISO de 800 à 3200, selon le rendu que je souhaite obtenir. Il ne faut pas oublier en effet que l’aurore bouge. Si on veut pourvoir figer un tant soit peu sa forme, sa structure, il faut pouvoir abaisser le temps de pause, ce qui implique de monter les ISO en conséquence pour conserver la même exposition.
  • Plus votre objectif est lumineux (ouverture maxi), plus vous aurez de latitude dans le choix du couple vitesse / ISO. Le Sigma 14mm Art à l’ouverture incroyable de f1,8 est un objectif vraiment parfait pour photographier les aurores boréales. J’ai pu le tester l’hiver dernier, il est incroyable!

Facile !?

En photographie, il faut pouvoir anticiper

  • Faire ses réglages de paramètres de prise de vue un peu à l’avance, au chaud.
  • Effectuer un repérage, si possible de jour, de la zone de prise de vue, pour savoir à peu près où on va se positionner.
  • S’installer avant que les aurores ne dansent dans tous les sens pour avoir le temps de faire sa mise au point sur l’infini, de valider sa précision avec une photo test.
  • prendre le temps de chercher un cadrage qui vous convienne.

C’est pour cette mise en œuvre qu’il est intéressant de bénéficier des conseils, de l’expérience et de la connaissance du terrain que nous pouvons vous apporter lors de nos voyages photo. Cet hiver, pas moins de cinq voyages vous donnant la possibilité de mettre tout cela en pratique sont proposés par Sylvain, Loïc et Jonathan ! Ces voyages en Norvège, Islande et Finlande sont le fruit de nombreuses reconnaissances qui nous permettent de vous guider sur des lieux très favorables à l’observation et la photographie d’aurores boréales. N’hésitez pas à consulter les fiches techniques des futurs voyages et à contacter vos guides photographes !

Nuit parfaite, dans les îles Lofoten, Norvège

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